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Traitement de l’eczéma par biothérapie : le TRALOKINUMAB

Traitement de l’eczéma par biothérapie : le TRALOKINUMAB

Depuis quelques années, de nouveaux traitements issus de la biothérapie sont proposés aux patients atteints d’eczéma atopique modéré à sévère. Une bouffée d’air et d’espoir pour ces patients chez qui les traitements classiques n’apportaient pas toujours assez de soulagement ! Après Dupilumab (DUPIXENT®), disponible depuis 2018, c’est aujourd’hui Tralokinumab (ADTRALZA®) qui vient s’ajouter à ces nouvelles options thérapeutiques. On fait le point sur ce traitement, ses avantages et ses inconvénients.

Mécanisme de l’inflammation dans l’eczéma

L’eczéma atopique, aussi appelé dermatite atopique, est une dermatose inflammatoire chronique survenant sur un terrain génétique prédisposant : le terrain atopique.

Une des caractéristiques de la peau atopique est qu’elle est plus poreuse qu’une peau normale, et laisse donc passer beaucoup de substances irritantes ou allergènes.

Et comme le système immunitaire des personnes atopiques présente des dysfonctionnements, des réactions inflammatoires inappropriées sont enclenchées, entraînant les symptômes cutanés : plaques rouges qui démangent, vésicules, suintements, saignements.

Qu’est-ce qu’une biothérapie ?

Le terme de biothérapies désigne essentiellement les médicaments issus des biotechnologies, donc produits par des bactéries ou des cellules animales. Les biothérapies sont des traitements dits «ciblés», qui visent spécifiquement des mécanismes d’action propres à la pathologie. Parmi ces biothérapies on trouve des substances particulières, les anticorps monoclonaux, qui ont révolutionné le traitement de nombreuses maladies inflammatoires.

Comment agit Tralokinumab ?

Tralokinumab est un anticorps monoclonal qui cible et neutralise spécifiquement un messager de l’inflammation particulièrement actif dans la dermatite atopique : l’interleukine 13 (IL-13). Il a également pour effets d’augmenter la présence d’un marqueur de l’intégrité de la barrière cutanée, la loricrine, et de diminuer la colonisation de la peau par le staphylocoque doré, bactérie présente en grande quantité chez les patients atopiques, et qui peut être responsable de surinfections.

Ce médicament, comme ceux déjà existants pour l’eczéma, permet de stopper l’inflammation, donc de soigner les symptômes de l’eczéma. Mais il ne permet pas de guérir définitivement de l’eczéma, qui est une maladie chronique. Il entraîne par contre une amélioration significative de la qualité de vie grâce à son efficacité sur les symptômes.

À qui s’adresse le traitement par Tralokinumab ?

Tralokinumab est accessible depuis septembre 2022 pour les adultes souffrant de dermatite atopique modérée à sévère nécessitant un traitement systémique (c’est à dire un traitement par voie orale ou injectable), en cas d’échec ou de contre-indication de la ciclosporine (traitement immunosuppresseur). En clair, il faut d’abord avoir essayé de traiter l’eczéma avec un traitement local (dermocortocoïdes, immunosuppresseurs locaux (tacrolimus)), puis avec la ciclosporine. En cas d’échec de ces traitements pour contrôler l’eczéma, le patient peut avoir accès à Tralokinumab.

Pour le moment, contrairement à Dupilumab, Tralokinumab ne peut pas être prescrit chez les moins de 18 ans.

Comment est prescrit Tralokinumab?

Tralokinumab est un médicament à prescription initiale hospitalière, par un dermatologue ou un allergologue hospitalier. Ensuite son renouvellement peut être prescrit par un dermatologue ou allergologue libéral.

Donc si vous êtes suivi par un dermatologue libéral ou votre médecin généraliste pour le traitement de votre eczéma, et que vos traitements actuels ne suffisent pas à contrôler votre eczéma, n’hésitez pas à aborder le sujet de ces nouveaux traitements. Votre professionnel de santé vous adressera si besoin à un praticien hospitalier.

Comment est administré Tralokinumab ?

Il se présente sous forme injectable seulement, en seringues préremplies (150mg). La dose recommandée est une dose initiale de 600 mg (quatre injections de 150 mg), suivie de 300 mg (deux injections de 150 mg) administrés toutes les 2 semaines par injection sous-cutanée.

Doit-on continuer les autres traitements de l’eczéma ?

Tralokinumab est compatible avec les traitements anti-inflammatoires locaux (dermocorticoïdes et tacrolimus). Les effets du Tralokinumab peuvent dans certains cas permettre de stopper totalement ces traitements locaux, ou le plus souvent de diminuer ces traitements.

Par contre, l’application quotidienne de produits émollients sur tout le corps doit être continuée pour protéger et assouplir la peau, même si Tralokinumab a un effet positif sur l’intégrité de la barrière cutanée. 

Les effets secondaires du Tralokinumab

Comme tout médicament, Tralokinumab peut entraîner des effets secondaires. Les plus fréquents sont des infections des voies respiratoires supérieures (23,4% ; principalement signalées comme des rhumes ordinaires), des réactions au site d’injection (7,2%), des conjonctivites (5,4%) et des conjonctivites allergiques (2,0%) . Il ne faut donc pas hésiter à contacter son médecin dès que des troubles ophtalmologiques sont ressentis (rougeurs des yeux ou des paupières, démangeaisons, picotements, ou troubles de la vision par exemple).

Que faire si l’eczéma est résistant au Tralokinumab ?

Si les symptômes ne sont pas améliorés après 16 semaines sous Tralokinumab, il peut arriver que le traitement soit un échec. Si c’est le cas, il ne faut surtout pas désespérer car d’autres nouveaux traitements seront très bientôt disponibles ! De nombreux laboratoires y travaillent, pour que les patients atteints d’eczéma atopique aient le plus de choix de traitements possible.  On vous en dit plus très bientôt !