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allerfie au limonène et eczéma

Témoignage eczéma et allergie au limonène

« Oh P…. !  y nous fait C….  avec ses allergies…. »

J’ai 50 ans, je suis atteint de dermatite atopique et d’allergique de contact au limonène, qui provoque mon eczéma.

Cette citation est celle d’un collègue de travail qui, peu discret, constata la présence d’une fenêtre ouverte dans un lieu qu’il ne fréquente pourtant que très peu.

Le limonène est un extrait de parfum provenant des agrumes (citron, orange, pamplemousse …), classé dans la liste substances allergisantes par l’Union Européenne. Mes défenses immunitaires ne font pas la distinction entre un limonène bio de celui qui est synthétique.

On en retrouve dans les eaux de toilettes, les huiles essentielles, les détergents etc.

 

Je travaille dans des bureaux administratifs où je croise bon nombre de collaborateurs. Tous – ou presque- sont parfumés. Certains en utilisent avec parcimonie,  d’autres sont de véritables bombes odorantes laissant une trainée de parfum derrière eux, aussi bien dans l’air que sur les objets qu’ils touchent (poignées de porte, photocopieurs, volant des voitures  etc.). Certains aussi diffusent des huiles essentielles pour, soit disant, assainir l’air.

 

Oui, je suis allergique à distance, sans avoir à toucher directement l’allergène car il est présent dans l’air. On parle pollution de l’air intérieur, de COV (Composé Organique Volatile). Il me faut plusieurs jours, sans nouvelle exposition au limonène, pour récupérer.

 

Lorsque j’embauche le matin, je ne sais jamais dans quel état je vais ressortir le soir. Dans le meilleur des cas, mon état s’est légèrement aggravé. Je n’utilise moi-même pas de parfums ni de lessive parfumée, et pourtant, lorsque je rentre chez moi le soir, mes vêtements le sont.

 

J’ai ainsi, ce jour, voulu ouvrir la fenêtre pour aérer un moment. Cela n’a visiblement pas plu à mon collègue, avec qui il n’existe pas de conflit relationnel et qui, pour lui en avoir déjà parler, connaît ma pathologie.

 

Je me souviens d’un jour où le service dont je fais parti, était convoqué à une réunion à environ 1h30 de trajet de notre lieu de travail habituel. Développement durable et volonté de réduire les couts de déplacement obligent, nous avions covoituré à quatre. Un départ le matin 7 h où tout le monde est fraichement parfumé, dans un espace aussi restreint que l’habitacle d’une voiture durant 1h30….. Lorsque, j’ai voulu ouvrir ma fenêtre pour ventiler, je me suis fait reprendre parce que cela faisait trop de bruit!

 

Les réponses apportées sont des fois très difficiles à entendre. Il y a quelques années, il avait été décidé d’installer des diffuseurs de parfums dans les locaux afin de recouvrir l’odeur de tabac qui existait dans les bureaux -un collègue gros fumeur ne pouvait s’empêcher de fumer -. J’ai demandé à ce que ces diffuseurs soient retirés, le collègue pouvant aller fumer dehors. La réponse de la direction a été sans équivoques : « la procédure d’installation du diffuseur de parfum a été parfaitement respectée ». A la lecture de ces quelques phrases vous vous direz « mais il est interdit de fumer dans les bureaux ? » je vous réponds oui oui, je le sais bien ! Un soir, ces diffuseurs ont disparus. A ma grande joie, ils n’ont pas été retrouvés, ni remplacés.

 

Devant cette malencontreuse expérience, j’avais décidé d’opter pour une autre stratégie afin que le personnel de nettoyage remplace le fameux « Mr propre – fraicheur citron-» qui servait à nettoyer mon bureau. Je demandais à mon supérieur d’intervenir pour cela, je recevais en retour une fin de non-recevoir, ma problématique personnelle étant contraire à l’esprit de groupe. Je prenais attache auprès du médecin du travail. Il me promit d’intervenir. Après quelques relances, je constatais qu’il était d’avantage préoccupé par la couleur des balles de ping pong –son activité fétiche- que par ma santé au travail.

 

Au-delà de la souffrance physique s’ajoute une souffrance morale inestimable liée à l’incompréhension de la maladie, l’indifférence, la moquerie.

 

Demain, je retournerai travailler en faisant de mon mieux pour aider ma famille, qui a besoin de moi.

 

Du fond du cœur merci à l’AFE pour son soutien et son écoute.

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