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Billet d’humeur : Florence

Florence, membre de l’Association Française de l’Eczéma depuis plusieurs années déjà est docteur en pharmacie à Marseille. Elle nous fait part de son billet d’humeur du jour !

Il parait que ce que j’ai, « c’est pas bien grave », « c’est pas grand-chose », « c’est rien du tout », « c’est dans la tête », « c’est dû au stress ».

Ce que j’ai depuis toujours, c’est de l’eczéma. Je me souviens des plaques d’eczéma dans les plis, des nombreuses visites chez le dermatologue, des ordonnances, des tubes de crème, de ma mère qui achetait une lessive spéciale et lavait mes vêtements à part. Aujourd’hui, je suis adulte et je souffre d’eczéma essentiellement au niveau du visage et du cuir chevelu. En période de poussée, je me retiens pour ne pas envoyer ma main et mes ongles au visage ou à la tête. Parfois j’y arrive, parfois je n’y arrive pas, et je touche, et je gratte, et j’aggrave la situation malgré moi.

Les traitements, je connais par cœur. J’ai finalement de la chance car les crèmes fonctionnent plutôt bien sur moi, je n’ai pas encore besoin de passer aux comprimés ou aux injections. Pour les spécialistes, mon eczéma n’est pas considéré comme sévère. Mais quelle plaie !! Je n’ai pas peur des traitements, mais j’ai parfois envie d’essayer de ne pas en mettre, mais ça revient, l’eczéma est une maladie chronique, le traitement aussi.

Tous les matins, c’est la même chose : dans quel état vais-je trouver mon visage ? Je m’approche du miroir avec prudence, mais j’ai souvent déjà la réponse avant même de l’atteindre. L’eczéma se sent sur la peau, l’inconfort grandit à mesure que la crise de propage, c’est comme si je portais un masque trop serré, qui pique et qui brûle. Les jours où ça va un peu mieux, je suis contente, il ne me faut finalement pas grand-chose pour que ma journée se passe bien, juste une peau « acceptable ». J’ai renoncé à espérer une peau parfaite un jour. Je camoufle avec du maquillage, mais ça ne marche pas tous les jours, le fond de teint me gêne et j’ai juste envie de laisser ma peau respirer.

Alors il est clair que l’eczéma ne va pas me tuer, mais il m’empêche parfois de vivre. Il m’empêche de me trouver belle, il m’empêche de croire mon mari quand il me dit qu’il me trouve belle et qu’il m’aime telle que je suis. J’ai un mari extraordinaire. Quand l’eczéma se met entre nous et rend mon quotidien difficile, il me demande ce qu’il peut faire pour m’aider, il me dit d’aller me reposer et qu’il s’occupe de cuisiner un bon repas. Il connait mes allergies et les activités à risque de poussées (pique-nique en plein air, piscine chlorée…). Alors il s’adapte et me dit tout le temps que ça ne le gêne pas.

A tous ceux qui souffrent d’eczéma : la route est longue avant d’accepter la maladie, moi-même je pense ne pas encore y être parvenue. Les traitements sont ce qu’ils sont, on les aime autant qu’on les déteste. Les poussées d’eczéma sont difficiles à vivre, elles portent un coup à notre moral, elles nous fatiguent énormément. Mais l’amour de nos proches est à mon sens le meilleur remède quand le moral flanche.

Découvrez son témoignage en vidéo sur notre chaine Youtube

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