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Traitements dermatite atopique vaccination

Traitements immunomodulateurs de la dermatite atopique et vaccination COVID-19

Traitements immunomodulateurs de la dermatite atopique et vaccination COVID-19 sont ils compatibles ?

Les traitements immunomodulateurs qui sont parfois prescrits pour les dermatites atopiques modérées à sévères sont ils susceptibles de rendre le vaccin COVID-19 moins efficace ? Y a t’il un risque à se faire vacciner contre la COVID-19 quand on prend ce genre de traitement ? On vous répond !

Les traitements immunomodulateurs dans la dermatite atopique

La dermatite atopique est une maladie inflammatoire chronique causée en partie par une dérégulation du système immunitaire, dont les cellules considèrent comme dangereux un grand nombre d’éléments qui sont en fait inoffensifs. Cela provoque une réaction disproportionnée, et donc une inflammation, qui se traduit par l’apparition de plaques rouges parfois vésiculeuses et qui démangent beaucoup.

Les traitements proposés dans la dermatite atopique sont les suivants :

  • les dermo-corticoïdes sont le traitement de base : sous forme de crèmes et pommades, qui ont une action anti-inflammatoire
  • en cas de réponse insuffisante aux dermo-corticoïdes, des médicaments immunomodulateurs (ou immunosuppresseurs) peuvent être proposés :
    • les immunomodulateurs en application locale (pommade) comme le tacrolimus
    • les immunomodulateurs par voie générale, comme le methotrexate, la ciclosporine,
    • ou plus récemment les immunomodulateurs issus de biothérapies (dupilumab par exemple), administrés par injection.

Les traitements immunomodulateurs de la dermatite atopique ont-ils un impact sur l’efficacité et l’innocuité des vaccins anti COVID-19 ?

Dans la dermatite atopique, les immunomodulateurs ont donc pour objectif de réguler cette réponse immunitaire disproportionnée, qui entraîne l’inflammation de la peau. Or le principe des vaccins est de provoquer une réaction du système immunitaire afin que celui-ci développe des anticorps et soit capable de se défendre efficacement contre le virus s’il y est exposé ensuite. On peut donc légitimement se demander si les vaccins développés pour la COVID-19 sont inoffensifs et efficaces lorsque l’on souffre de dermatose inflammatoire chronique et que l’on prend ces traitements immunomodulateurs par voie générale.

Le Dr Edouard Begon (praticien hospitalier, hôpital de Pontoise) et le Dr Jeremy Gottlieb (praticien hospitalier, hôpital du Kremlin-Bicêtre) ont répondu à ces questions lors d’un webinaire organisé par Reso, le réseau national de médecine collaborative, en partenariat avec les associations de patients (L’Association Française de l’Eczéma, Solidarité Verneuil, l’AFRH et France Psoriasis).

Innocuité des vaccins

En ce qui concerne la tolérance, une des questions majeures que  les patients atopiques se posent est de savoir s’ils ne risquent pas de développer une réaction allergique au vaccin.

D’après les données de vaccination aux Etats-Unis datant de fin 2020, le risque de choc allergique (aussi appelé choc anaphylactique) est très faible : moins de 0,002%.

Les recommandations de l’APHP en ce qui concerne les contre-indications à la vaccination sont les suivantes :

  • antécédent d’allergie immédiate à un des composant du vaccin utilisé
  • antécédent de réaction immédiate à une première injection d’un vaccin COVID-19

Les personnes ayant déjà fait une réaction allergique (de type choc anaphylactique, urticaire, oedème de Quincke) à un autre médicament ou vaccin peuvent être vaccinées avec une surveillance adaptée.

Le choc allergique survenant la plupart du temps dans un délai de 15 à 30 minutes après le vaccin, les patients restent sous surveillance dans les centres de vaccination pendant ce laps de temps. Les centres de vaccination sont équipés en matériel et médicaments d’urgence en cas de choc allergique (adrénaline et épinéphrine).

Les personnes atopiques, présentant eczéma, et/ou asthme, et/ou rhume des foins peuvent se faire vacciner normalement, sous surveillance normale.

Efficacité des vaccins

Les études d’efficacité des vaccins développés pour la COVID-19 n’ont malheureusement pas inclus de patients sous traitement immunomodulateur. Mais à partir d’extrapolations issues des données d’autres vaccins, comme celui de la grippe par exemple, le Dr Begon conclue que certains traitements immunomodulateurs peuvent réduire l’efficacité du vaccin, mais ne l’annulent pas. Il reste  donc utile et bénéfique de se faire vacciner même lorsque l’on est sous traitement immunomodulateur.

Faut il décaler les prises de traitement lorsqu’on se fait vacciner ?

Les Dr Begon et Gottlieb ne conseillent pas de décaler son traitement pour se faire vacciner, surtout si l’on est en phase de maladie non contrôlée, car cela peut entraîner une poussée difficile à soigner et à contrôler par la suite. Pour les patients sous methotrexate notamment, décaler une prise peut entraîner une perte d’efficacité du traitement. Il est donc déconseillé de décaler ce traitement. Eventuellement, pour les patients bien contrôlés, sous biothérapie par exemple, il peut être possible de décaler l’injection le temps de se faire vacciner. Dans tous les cas, cette décision est à discuter et à décider avec le médecin prescripteur du traitement.

Concernant les traitements par voie locale (dermo-corticoïdes, tacrolimus), aucune adaptation de traitement n’est nécessaire puisque ces médicaments n’atteignent pas l’immunité globale.

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