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Les résultats du Printemps des maladies inflammatoires chroniques de la Peau.

La dermatite atopique, le psoriasis, l’acné ou la maladie de Verneuil sont des maladies qui touchent près de 10 millions de Français et qui sont responsables d’une altération de la qualité de vie avec notamment des états d’anxiétés et de dépression.
Dans le cadre du Printemps des Maladies Cutanées Chroniques Inflammatoires, chaque année, les associations de patients – France Psoriasis, l’Association Française de l’Eczéma, Solidarité Verneuil, France Acné Ados, l’Association Française pour la Recherche sur l’Hidrosadénite – choisissent une thématique pour initier une étude en vie réelle avec le parrainage de deux experts les Professeurs Marie-Aliette Richard et Laurent Misery. Pour cette première année, les associations ont choisi d’évaluer le stress ressenti chez les patients souffrant de dermatoses inflammatoires.
La coordination logistique et méthodologique a été réalisée par le Docteur Charles Taieb avec le soutien institutionnel de 8 industriels du médicament et de la dermo-cosmétique.

Qu’est-ce que l’eczéma ?

Il existe plusieurs formes d’eczéma. La plus courante est l’eczéma atopique aussi appelée dermatite atopique, qui touche près de 15% des enfants et 4% des adultes en France. L’eczéma atopique résulte principalement d’une altération de la barrière cutanée et d’un dysfonctionnement de l’immunité qui provoquent conjointement l’inflammation cutanée. L’inflammation cutanée provoque des démangeaisons, le patient se gratte, ce qui altère encore plus sa barrière et libère des agents pro-inflammatoires, qui aggravent l’inflammation et donc la sévérité de l’eczéma.

L’eczéma reste une maladie dont les mécanismes sont complexes et mal connus. Il s’agit d’une maladie inflammatoire chronique qui débute en général avant l’âge de 5 ans puis évolue en crises. La plupart du temps, les crises s’estompent puis disparaissent avant l’âge adulte mais chez une faible proportion de patients, elles persistent après l’enfance. Dans des cas plus rares, les premières crises d’eczéma peuvent aussi apparaître seulement à l’âge adulte. Il existe un facteur héréditaire dans l’eczéma atopique. Le risque de développer un eczéma atopique est donc de 50% si un des parents est atteint, et de 80% si les deux parents sont atteints. On parle de terrain atopique prédisposant. L’eczéma atopique peut alors être associé à d’autres maladies de l’atopie : asthme allergique, rhinite allergique, conjonctivite allergique, allergies alimentaires.

Est-ce une maladie fréquente ?

Selon l’étude Objectif Peau[1] de la Société Française de Dermatologie, 2,5 millions de Français sont touchés par l’eczéma ou la dermatite atopique. Les femmes sont deux fois plus concernées par cette dermatose que les hommes.

Quels sont les résultats de l’étude ?

Plus de 2500 patients souffrant d’eczéma ont répondu à l’enquête dont 64% de femmes. La majorité des répondants (69%) ont entre 26 et 55 ans, 12% ont moins de 25 ans et 18% ont 56 ans et plus. Les répondants sont localisés géographiquement dans toute la France (Ile de France 20%, Nord-Ouest 22%, 16% dans le Sud-Ouest, 22% dans le sud-est).

La sévérité de l’eczéma est mesurée avec le POEM [Patient Oriented Eczema Measure], outil recommandé par l’initiative HOME (Harmonisng Outcome Measures for Eczema) comme l’instrument de base pour mesurer les symptômes signalés par les patients dans les essais sur l’eczéma.

La sévérité de l’eczéma a été évaluée selon les recommandations des auteurs pour chaque répondeur comme suite, un score POEM <8, dermatite topique légère, un score compris entre 8 et 17, la dermatite atopique est modérée, et un score supérieur à 17, elle est considérée comme sévère.

Les chiffres clés de l’étude

État de stress

  • 80% sont en état de stress non maîtrisé pour l’eczéma sévère, 73% pour l’eczéma modéré et 53% pour les patients souffrant de l’eczéma léger

 

Qualité de vie

  • 57% des patients souffrant d’eczéma rapportent que leur maladie a un impact sur très important sur leur qualité de vie, 44% pour un eczéma modéré et 10% pour un eczéma léger.

 

Dans le groupe des plus de 2 500 personnes interrogées :

  • 13 % des conjoints estiment que la dermatose est contagieuse (A noter que dans le cas d’un eczéma sévère, ils sont 18% à le penser et 32% craignent aussi de la transmettre à leurs enfants)
  • 20% des personnes interrogées estiment que la dermatose diminue leur libido (dans le cas d’un eczéma sévère, ils sont 30%)
  • 16% des patients estiment que l’eczéma entraîne une diminution du désir sexuel de son conjoint. Par ailleurs, les rougeurs et la sécheresse ont des répercussions sur leur sexualité de 15 à 31% en fonction de la gravité.

D’autres résultats à découvrir sur le site : https://www.pmicp.org/

[1] https://document.dermato-info.fr/communiqué/2017-02-02_Objectifs-peau.pdf

 

« On entend dire très souvent que c’est le stress qui fait que l’on souffre d’eczéma. Non ! Si on se sent stressé, on va moins bien dormir et au réveil la peau va être plus sèche, donc plus sensible et c’est à ce moment-là que les démangeaisons vont apparaître« , explique Sophie M., une patiente.

« Je suis admiratif de la résilience des patients qui souffrent de démangeaisons depuis des années, ou même quelques jours. C’est une sensation difficile à supporter tout autant que la douleur, et qui peut entraîner des conséquences psychiques parfois très graves au long court« , poursuit le Professeur Laurent Misery, Dermatologue au CHU de Brest.

 

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