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eczéma et risque suicidaire

Eczéma et prévention du risque suicidaire

Y a-t-il des liens entre eczéma et risque suicidaire ?A l’occasion de la 25ème Journée Nationale de Prévention du suicide, l’Association Française de l’Eczéma souhaite aborder ce sujet tabou.

Vivre avec une maladie affichante, avec un fardeau lourd au quotidien, comme l’eczéma est difficile et la crise sanitaire que nous vivons depuis un an amplifie le sentiment de mal être des patients et nous a poussé à revoir nos habitudes et est venue faire naitre de nouvelles inquiétudes. Longtemps passé au second rang des préoccupations, l’impact psychologique de la pandémie, du confinement et de leurs conséquences, semblent aujourd’hui mieux compris et pris en considération par les pouvoirs publics. En effet, la vague psychologique tant redoutée pourrait s’avérer aussi dommageable que la crise sanitaire en elle-même. Les conséquences psychologiques de la crise sont de natures variées : de l’état de stress à la crise de panique, de l’humeur maussade à la crise suicidaire. Marie Chesnais, neuropsychologue, nous apporte son éclairage.

Inscrit comme enjeu majeur en santé publique depuis plusieurs années, la prévention du suicide est aujourd’hui plus que jamais une priorité et s’inscrit comme un impératif dans la prise en soin de tous : enfants, adolescents, adultes et seniors.

S’informer contre les risques suicidaires quand on souffre d’eczéma

Il semble important de pouvoir informer et accompagner les populations les plus à risque concernant la crise suicidaire : les adolescents, les étudiants, les personnes en situations de précarité sociale, les personnes âgées isolées, les usagers des soins en santé mentale et/ou en addictologie, les douloureux chroniques, les personnes rejetées ou harcelées, les victimes de discrimination, les migrants, les personnes endeuillées, les futures et jeunes parents…

Un changement d’habitude ou d’humeur, un isolement, des difficultés de sommeil et/ou d’appétit, un refus de communiquer, un refus de se projeter dans l’avenir et de faire des projets, une perte d’estime et des propos dévalorisants, une augmentation des consommations d’alcool ou de drogues, ou l’expression d’intentions suicidaires, sont autant de signes d’alerte à prendre en considération. Si la famille et les proches sont souvent les premiers à s’inquiéter, ils ne peuvent porter à eux seuls le fardeau de la gestion d’une crise suicidaire chez l’un de leur proche. Les pouvoirs publics, les professionnels de santé qu’ils appartiennent ou non au domaine de la santé mentale, les médias, les associations et les personnels de l’enseignement doivent avoir un rôle dans la prévention et la prise en charge des difficultés psychologiques qu’elles soient liées ou non à la crise sanitaire actuelle. Les familles ont ainsi besoin d’être informées, guidées, accompagnées et soutenues.

Ce qui caractérise une personne en crise suicidaire c’est principalement sa difficulté à envisager d’autres alternatives à ses difficultés. Si des signes d’alerte sont repérés, il est important que la personne puisse bénéficier d’une oreille attentive. Parler de ses idées suicidaires ne pousse pas la personne à passer à l’acte, cela permet au contraire d’envisager ou d’entendre d’autres solutions. Même si cela est difficile dans un premier temps, la personne doit pouvoir reprendre confiance dans son pouvoir d’agir par elle-même. Le réseau social et l’estime personnel, la bienveillance et la compassion de son entourage, sont des éléments protecteurs et doivent être cultivés, enrichis.

Finalement, nous devons prendre soin de notre santé mentale comme on prend soin de notre santé physique. Une douleur psychique, même si elle est invisible, ne doit jamais être niée ou minimisée. Les professionnels de santé à l’hôpital ou en ville, les associations et plusieurs numéros verts existent et proposent des aides rapides et gratuites aux personnes présentant des idées suicidaires et à leurs proches.

A qui s’adresser ?

La crise suicidaire constitue une urgence, vous pouvez donc vous adresser :

  • Au SAMU via le 15 ou 112 (numéro européen) ou aux pompiers
  • Au service des urgences de l’hôpital le plus proche

En cas de mal-être ou d’interrogations vis-à-vis d’un proche, vous pouvez contacter :

  • Le Centre Médico Psychologique (CMP) de votre ville s’il s’agit d’un adulte
  • Le Centre Médico Psychologique Enfants Adolescents (CMPEA) de votre ville s’il s’agit d’un enfant de moins de 16 ans
  • Un(e) psychiatre ou un(e) psychologue en ville ou par visuo-consultation

Vous pouvez également vous tourner vers les lignes d’écoute, gérées principalement par des bénévoles sensibilisés à la prévention du risque suicidaire, tel que :

  • Suicide Ecoute : 01 45 39 40 00
  • SOS Amitié : 09 72 39 40 50
  • SOS Suicide Phénix : 01 40 44 46 45